Données statistiques


La population du SSDS-N est jeune ainsi que le traduit la base large de la pyramide des âges de l’ensemble de la population (graphique3). En effet, la population de moins de 15 ans représente 45,0% de la population totale contre respectivement 51,3% et 3,7% pour les grands groupes d’âges 15-64 et 65 et plus (cf. tableau en annexe). Cette prédominance de la population jeune s’explique par la forte fécondité qui est également un trait caractéristique commun aux pays en développement, notamment celle de l’Afrique subsaharienne..
Le rétrécissement progressif de la pyramide vers un sommet effilé indique une mortalité encore élevé et accentuée aux âges adultes. Ce rétrécissement se montre plus prononcé à partir de 50 ans chez les hommes comparés aux femmes, traduisant une surmortalité des hommes.

  • La mortalité générale


Le niveau de la mortalité demeure toujours élevé en dépit des efforts consentis par les différents acteurs. En effet, le taux brut de mortalité a connu une baisse très sensible dans notre zone depuis 1994. De 16,2‰ en 1994, il est tombé à7.3 ‰ en 2014 et 8.2 en 2015. Soit environ 8 décès pour 1000 habitants à la dernière année.
Des disparités existent selon le sexe et le milieu de résidence.
En effet, on observe que la mortalité masculine est dans l’ensemble relativement plus importante que celle des femmes. De 2000 à 2015, le taux de mortalité masculine est passé de 13,7‰ à 8.3‰ contre respectivement 12,8‰ et 8.1‰ (graphique 6) chez les femmes au cours de la même période. Cela traduit bien une surmortalité masculine dont le rapport est de 108,5% en 2010. Autrement dit, pour 100 décès de femmes on enregistre un peu plus de 108 décès masculins.

  • La mortalité dans l’enfance


Les enfants de moins de cinq ans constituent un groupe très vulnérable. Le niveau de mortalité dans ce groupe d’âges fournit une idée de la prise en charge sanitaire dans la zone et explique en partie l’amélioration de l’espérance de vie à la naissance.
Le graphique 9 illustre l’évolution des indicateurs de mortalité dans l’enfance.
Dans le SSDS-N en 2015, sur 1000 enfants qui naissent, environ 88 meurent avant leur cinquième anniversaire. Ce quotient était de 143 ‰ en 2000. Le quotient de mortalité infantile (moins d’un an) est passé de 60,5‰ en 2000 à 38,8‰ en 2015.


La mortalité néonatale se situant à un niveau inférieur que la mortalité infantile et infanto juvénile suit la même tendance à la baisse au regard de la courbe de tendance y associée. Néanmoins, son niveau et la tendance de baisse laisse penser à une sous-estimation des décès au sein de cette tranche d’âge. Son niveau a toujours oscillé entre 4 et 17‰ sur toute la période 2000-2015.

  • L’évolution de l’espérance de vie de 2000 à 2014


La baisse de la mortalité et notamment celle des enfants de moins de 5 ans induit une amélioration de l’espérance de vie à la naissance (e0) qui est passée de 55,2 ans en 2000 à 63,2 ans en 2015. Sur la période des 16 ans, c’est –à dire de 2000 à 2015, on note un gain annuel moyen de 0,5 an.
Il existe néanmoins des disparités selon le sexe. L’espérance de vie des femmes est passée de 56,5 ans en 2000 à 64.5 ans en 2015, soit un gain annuel de 0,53 an. Celles des hommes, est passée de 53,9 ans en 2000 à 62,4 ans en 2015, soit un gain annuel de 0,53 an.. Le gain annuel de la période de 15 ans calculé en 2014 est plus important chez les femmes que chez les hommes.


MORBIDITE AU SEIN DE LA POPULATION DU SSDS


La morbidité fait référence à la maladie, aux blessures et aux handicaps dans une population. Les données concernant la fréquence et la répartition d’une maladie peuvent aider à maîtriser la propagation et parfois conduire à identifier sa cause (PRB.2004(Guide de démographie, 4ème édition) ;68 pages).
Le CRSN dispose d’un outil lui permettant surveiller les prévalences et incidences morbides : les enquêtes ménages réalisées sur 1/10 de l’ensemble des ménages de son aire de surveillance. La dernière enquête ménage (EM12), réalisée en 2011 estime un taux d’incidence de 170.7‰ pour les maladies aiguës, toutes causes confondues au sein de la population générale pour la période février-avril 2011. Le même indicateur est évalué à 325.0‰ pour les enfants de moins de 5ans. Cela signifie que au cours de la période février – avril 2011, 17% de la population du SSDS-N, tous âges confondus, ont contracté une maladie aiguë donnée et 32.5% chez les moins de 5 ans.

  • Causes majeures de décès en termes de proportions


Le tableau épidémiologique dans le SSDS de Nouna sur la période 2000 -2012 montre que le paludisme est la première cause de décès dans l’ensemble de la population avec une proportion maximale de 40% en 2010 et un poids minimal de 29% en 2012. Il est suivi de loin par les maladies diarrhéiques entre 2003 et 2007 dont les proportions ont variées entre 11 et 10%. Mais à partir de 2007 jusqu’à nos jours, les maladies diarrhéiques ont cedé cette place aux infections respiratoires aigües dont les proportions stagnent entre 10 et 9%Le VIH/SIDA occupe le dernier rang depuis 2005 et représente 1,6% des décès diagnostiqués en 2012.
On note que toutes ces causes affichent une baisse tendancielle, exceptée la méningite.
Cela s’expliquerait sans doute par les multiples interventions de lutte contre la maladie et l’amélioration des conditions de vie et d’hygiènes.

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