Autopsies verbales


Tout décès notifié lors d’un passage d’une phase des EEV (Enregistrements des Evènements Vitaux) fait systématiquement l’objet d’une interview ultérieure dans un délai d’au moins deux mois après sa survenue. Cette interview se fait par la méthode des Autopsies Verbales (AV). Les variables collectées portent sur les informations pouvant permettre de déterminer les causes probables ayant concouru à la survenue de ces décès enregistrés.
Ces Autopsies Verbales sont consécutives aux trois rounds annuels d’EEV et par conséquent sont au nombre de trois (03) dans l’année. Les questionnaires d’AV sont administrés par des enquêteurs expérimentés dans le système actuel de collecte du Système de Surveillance Démographique et de Santé de Nouna.


LES CAUSES DE DECES DANS LE SSDS
Causes majeures de décès en termes de proportions
Le tableau épidémiologique dans le SSDS de Nouna sur la période 2000 -2012 montre que le paludisme est la première cause de décès dans l’ensemble de la population avec une proportion maximale de 40% en 2010 et un poids minimal de 29% en 2012. Il est suivi de loin par les maladies diarrhéiques entre 2003 et 2007 dont les proportions ont variées entre 11 et 10%. Mais à partir de 2007 jusqu’à nos jours, les maladies diarrhéiques ont cedé cette place aux infections respiratoires aigües dont les proportions stagnent entre 10 et 9%Le VIH/SIDA occupe le dernier rang depuis 2005 et représente 1,6% des décès diagnostiqués en 2012.
On note que toutes ces causes affichent une baisse tendancielle, exceptée la méningite.
Cela s’expliquerait sans doute par les multiples interventions de lutte contre la maladie et l’amélioration des conditions de vie et d’hygiènes.


LA MORBIDITE AU SEIN DE LA POPULATION DU SSDS
La morbidité fait référence à la maladie, aux blessures et aux handicaps dans une population. Les données concernant la fréquence et la répartition d’une maladie peuvent aider à maîtriser la propagation et parfois conduire à identifier sa cause (PRB.2004(Guide de démographie, 4ème édition) ;68 pages).
Le CRSN dispose d’un outil lui permettant surveiller les prévalences et incidences morbides : les enquêtes ménages réalisées sur 1/10 de l’ensemble des ménages de son aire de surveillance. La dernière enquête ménage (EM12), réalisée en 2011 estime un taux d’incidence de 170.7‰ pour les maladies aigües, toutes causes confondues au sein de la population générale pour la période février-avril 2011. Le même indicateur est évalué à 325.0‰ pour les enfants de moins de 5ans. Cela signifie que au cours de la période février – avril 2011, 17% de la population du SSDS-N, tous âges confondus, ont contracté une maladie aigue donnée et 32.5% chez les moins de 5 ans.


Causes majeures de décès en termes de groupe de causes
L’analyse des proportions de décès par groupe de causes montre une évolution irrégulière aussi bien pour les maladies transmissibles que celles non transmissibles. Les proportions des maladies transmissibles occupent les plus grandes proportions et ont varié entre 55% et 70% sur la période 2000-2012 (cf. graphique). Le poids des maladies non transmissibles quant à lui, a évolué entre 20 et 40%.
Des changements de pentes s’opèrent à partir de 2005, cependant en sens opposé pour les deux groupes de pathologies.
La baisse consécutive des proportions de décès liés aux maladies non transmissibles pourrait s’expliquer en grande partie par la mise en œuvre des politiques de SONU (Soins Obstétricaux et Néonataux d’Urgence) en 2006/2007. En effet, à partir de cette date des subventions sont intervenues au profit des accouchements normaux et les soins obstétricaux et néonataux d’urgence. Cependant, les raisons pouvant expliquer le changement de pente et l’augmentation de la proportion des décès liés aux maladies transmissibles restent moins évidentes.
La proportion des décès liés aux causes externes quant à elle reste quasi stationnaire. Cependant cet indicateur mérite d’être surveillé car l’amélioration des voies de communication dans la province de la Kossi pourrait l’impacter négativement.

Portfolio